Information du : 19/10/2019

Quelle folie

Devant la caméra de Diego Governatori, Aurélien Deschamps raconte ce qu'est d'être autiste, dans quel environnement il évolue, quelle est sa perception du monde. Un documentaire d'une rare intensité que le duo filmeur / filmé viendra accompagner dans les salles du 15 au 20 décembre.

"Aurélien est un ami très proche, atteint du syndrome autistique d’Asperger. Parmi les symptômes, une utilisation atypique du langage qui complique son intégration dans la société. Sa parole témoigne en effet d’une certaine difficulté à incorporer les codes qui régissent les liens et les interactions sociales, ce qui l’exclut de ce fait de toute altérité durable. Au-delà de ce que l’autisme peut expliquer, au-delà aussi des hypothèses que je pourrais formuler, il est un témoignage à son propos qui m’intéresse vivement : le sien. Comment se voit-il, se pense-t-il, s’impressionne-t-il, se vit-il ?"

- Diego Governatori, réalisateur

"Entrer dans le film c'est tout de suite être pris dans la parole d'Aurélien, d'emblée spectaculaire et saisissante, par laquelle il essaye de formuler son angoisse et ses difficultés à être parmi les autres. Cette parole passionnante est un monde, et dans son effort à donner une forme à l'informe, c'est tout son corps qui semble entrer en tension, secoué, saccadé, toujours en mouvement, comme en cage, et qui vient rythmer et appuyer un monologue fascinant. Ses développements à la fois fous et limpides sont traversés par une nervosité, des grognements, des sursauts, dans une sorte de crise à la fois permise et contenue par la mise en scène de Diego Governatori. Très concentré sur son protagoniste, le film travaille lui aussi à construire une forme à partir du chaos, à rendre sensible et à organiser le tumulte dans un double geste d'accompagnement et d'affrontement .

Et c'est toute la beauté de Quelle Folie que de réussir à faire naître un regard doux et amical tout en faisant exister la confrontation et la violence. Ainsi accueillie, la parole d'Aurélien peut grandir, dépasser les empêchements, et se déployer dans un mouvement de la pensée quasi lyrique. La question de la folie devient alors secondaire, vite dépassée par la force du rythme, des enchaînements d'idées et des mouvements du corps.
Plus tard dans le film, lorsqu'il faut finalement sortir de la parole pour aller au contact des autres, au milieu des hommes qui paraissent eux-mêmes pris de folie, Diego Governatori prend le parti de son protagoniste et fait délirer sa mise en scène, non pas dans la redondance du personnage mais comme en parallèle, en soutien. Alors le film entre dans une démesure, un trop loin surprenant qui embrasse la colère et le débordement, et nous fait désirer l'explosion avant la possibilité d'un apaisement."

- Julien Meunier, Cinéste membre de l'acid

Portrait extraordinaire d’un autiste relatant son ressenti, à mesure qu’il invente son chemin dans un monde qui le met en échec. (Libération)

Une avalanche émotionnelle d’une richesse hors du commun ! (àVoir-àlire)

Sans donner une image romantique de l’autisme, Diego Govenatori livre un beau témoignage d’un homme coupé de ses semblables, où rien n’est accessible, où l’environnement reste constamment étranger à soi. (Culturopoing)

Primé dans plusieurs festivals, ce documentaire sur un homme atteint d’autisme plonge le spectateur avec beaucoup de sensibilité et d’exigence dans sa pensée, son ressenti et sa vision du monde. (La Croix)

Ce documentaire réussit l’exploit de nous montrer la vie intérieure tumulteuse d’une personne autiste. (Télérama)

Un documentaire qui capte au plus près la langue magnifique et fulgurante d'un comédien et metteur en scène atteint d'autisme. (Les Inrockuptibles)

Dans ce documentaire passionnant, Diego Governatori exorcise le mal-être d’un ami de longue date, atteint du syndrome d’Asperger, et en tire un portrait flamboyant. Sous une chaleur écrasante, Aurélien livre ses réflexions à voix haute. (Trois couleurs)

QUELLE FOLIE

Un film de Diego Governatori
France - 2018 - 1h28

LES INVITES

Né dans le sud de la France en 1981. DIEGO GOVERNATORI s’installe à Paris pour y suivre
des études de cinéma. Il rentre à La Fémis en section montage où il réalise Vita di Giacomo avec son frère Luca, un moyen métrage sélectionné à la Cinéfondation à Cannes, puis primé dans de nombreux festivals. Il est ensuite reçu comme pensionnaire à la Villa Médicis à Rome. Quelle folie
est son premier long métrage.

Après des études de philosophie et une formation de comédien à Toulouse, AURELIEN DESCHAMPS s’installe à Paris où il pratique le théâtre comme comédien et metteur en scène. Sa rencontre avec les frères Governatori l’amène à s’intéresser au cinéma : il réalise deux court métrages, dont l’un est librement inspiré de L’Education Sentimentale de Flaubert et où il interprète le rôle principal. Il travaille ensuite comme scénariste pour le cinéma et la télévision. Actuellement il poursuit son travail autour de la mise en scène de la parole.

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