Information du : 21/10/2019

L'Angle mort

Dix ans après "L'Autre" - magnifique adaptation d'Annie Ernaux qui avait offert à Dominique Blanc un prix d'interprétation à Venise - Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic sont de retour avec une fable fantastique et poétique, une variation pleine de surprises et de magie autour du thème de l'homme invisible. Avec à la clef la révélation d'un immense acteur, Jean-Christophe Folly. Nous aurons le plaisir de les accueillir du 24 au 28 novembre dans cinq salles du réseau.

Dominick Brassan a le pouvoir de se rendre invisible. Il ne s’en sert pas beaucoup. À quoi bon, d’ailleurs ? Il a fait de son pouvoir un secret vaguement honteux, qu’il dissimule même à sa fiancée, Viveka. Et puis vient un jour où le pouvoir se détraque et échappe à son contrôle en bouleversant sa vie, ses amitiés et ses amours.

Au début étaient l'enfant et son don d'invisibilité. L'incroyable séquence d'ouverture donne le La de la mise en scène : ample et virevoltante, précise et attentive.

Cinéastes trop rares dans le paysage cinématographique français, Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard nous offrent la réjouissance d'un film fantastique, un conte où les fées se penchent sur un berceau, catapulté dans une ville contemporaine de souterrains, de nuits illuminées et de jours trop crus. Ils convient les jeux d'esprit que les petits élaborent à coups de super-pouvoirs et de doux délires, mais filment alors que le délice de l'enfant est devenu la condition paradoxale de l'adulte.

Après Dancing et L'Autre, ils élaborent un nouvel espace intérieur et métaphysique où leur personnage principal, Dominick, s'abrite maladroitement de la violence du monde. Cette fois, ils lui confèrent une aura concrète, visible, dont l'explication surnaturelle ouvre à l'intime une brèche entre le réalisme politique et l'art de faire tourner devant la lanterne des images fortes et énigmatiques. Dominick est doué d'une force vitale qui ne va pas de soi. Corps nu, il incarne la violence d'être noir dans une société discriminante rappelant peut-être le Ralph Ellison de Invisible Man. Son cheminement ouvre pourtant à l'angoisse commune de vieillir, et celle diffuse et entêtante de ne vivre sa vie qu'à moitié.

- Aurélia Barbet et Laure Vermeersch, cinéastes de l'acid

Un conte subtilement décalé et troublant. (Télérama)

La manière ludique et anxieuse qu’a le film d’agiter questions et problèmes en les rendant très concrets et néanmoins fantastiques est le privilège de ce duo de cinéastes dont on ne peut que dire ici à quel point il est regrettable qu’ils mettent tant de temps avant de réapparaître entre chaque projet. (Libération)

Une fable en trompe-l’œil qui montre le pouvoir qu’a le cinéma de plonger le spectateur dans une fantasmagorie sensuelle. Une pépite. (Le Nouvel Observateur)

Avec sa mélancolie poignante et décalée, L’Angle mort évoquerait plutôt certains films d’Alain Resnais, un mélange de funeste et de drôlerie cruelle sur un fond d’inquiétante étrangeté et d’implacable précision psychique. (Les Cahiers du cinéma)

Jamais dans les rails du convenu, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic dynamitent un mythe, en le débarrassant de ses bandelettes et savants fous. En surgit une œuvre innovante. Simple aussi, comme un témoignage éclairé sur notre existence. (Bande à part)

Une sorte de remake de L'Homme invisible, version film d'auteur, étrange et passionnant, sur la nécessité du regard de l'autre. (Voici)

Ce jeu entre voyant et non voyant, vu et non vu, évoque un jeu de mots mais ici avec des images. La cinématographie du film n'en est que plus forte, car avant tout visuelle. Un joli film, modeste et ludique. (Culturebox, France Télévisions)

L'ANGLE MORT

Un film de Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard
France - 2019 - 1h44
Avec Jean-Christophe Folly, Isabelle Carré et Golshifteh Farahani
Sélection ACID, Cannes 2019

LES INVITES :
PIERRE TRIVIDIC ET PATRICK MARIO BERNARD

Patrick Mario Bernard, plasticien et compositeur, est un ancien élève des Beaux-Arts. Pierre Trividic est un ancien élève de l’Idhec. Leur collaboration commence en 1996 avec Le Cas Lovecraft (Fipa d’Or) pour la collection Un siècle d’écrivains. Pour la télévision encore, ils ont réalisé Ceci est une Pipe pour Canal+ en 2000, et Une famille parfaite pour Arte en 2005.

Pour le cinéma, ils ont écrit et réalisé deux longs-métrages, Dancing en 2001 et L’Autre en 2008 . À côté de leurs travaux communs, Pierre Trividic poursuit une activité de scénariste pour le cinéma (de Petits arrangements avec les morts de Pascale Ferran, à Marvin ou la belle éducation d’Anne Fontaine, en passant par Ceux qui m’aiment prendront le train de Patrice Chéreau). De son côté, Patrick Mario Bernard poursuit son activité de plasticien et, en 2018, a réalisé Good, long-métrage consacré au musicien Rodolphe Burger.

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